Amandes de Pâques. Une douceur portugaise.

Amandes offertes à Pâques

Amandes en quantité, dans les rayons des boutiques et des supermarchés.  De quoi surprendre ceux qui sont habitués au chocolat de Pâques- poissons, cloches ou lapins-  ou aux œufs remplis de liqueur.

On trouve sur les étals des boutiques et des supermarchés au Portugal, des dizaines et des dizaines d’emballages contenant les amandes : au sucre,  au chocolat, à la praline, blanches, colorées.

Une orgie d’amandes dans la plus pure tradition de Pâques qui n’a pas pris une ride.

L’amande est, tout comme l’œuf,  le symbole de la fertilité, de l’abondance, celle que promet le printemps qui arrive, porteur de renouveau, et de belles moissons futures.

C’est un gage de bonheur. Les Romains offraient des amandes roulées dans le miel à leurs invités. A l’époque médiévale, elles avaient aussi une grande valeur.

Grâce aux Portugais, la canne à sucre a été implantée au Brésil (et aux Antilles). Le sucre  devient alors abondant en Europe, et les amandes en profitent, les couches de sucre qui les recouvrent adoucissant l’aspect un peu rugueux de l’amande, et sa pointe d’amertume.

Amandes au sucre
Les Amandes au sucre de Moncorvo.

Au Portugal, une ancienne tradition vient d’être reconnue comme IGP, origine géographique protégée, par la commission de Bruxelles. Les amandes au sucre sont fabriquées artisanalement à  Torre de Moncorvo, dans la région de Bragance. Les amandes après avoir été pelées sont torréfiées, puis recouvertes de couches successives de sucre. Les amandes ainsi préparées sont hérissées de petits picots : les filaments de sucre restent accrochés par les dés à coudre dont les ouvrières- les recouvreuses- munissent leurs doigts pour se protéger. Le fruit déguisé a alors l’aspect d’un oursin blanc (il existe des variétés marron et noires, au chocolat).

Un travail long et fastidieux, devenu rare, et  qui vaut bien une bonne protection. Et qui vaut aussi un voyage en gourmandise.

Les dragées françaises, procédé inventé à Verdun au XIIIe siècle, sont connues et appréciées également des Portugais. Mais alors qu’en France on associe les dragées aux mariages et baptêmes (fertilité), au Portugal, même si cette pratique existe aussi, c’est surtout à Pâques  que se concentre la consommation.

Bien que très appréciée l’amande portugaise ne représente que 0,17 % du marché mondial, dominé par les USA : 80 % de la production.  Le Portugal doit donc importer les amandes.

La légende de la princesse nostalgique

Lorsque l’Algarve était connu sous le nom de Al-Garb régnait à Xelb  (Silves) un jeune roi maure. Il s’éprit d’une princesse blonde du nord. Ils furent heureux, mais bientôt Gilda dépérit. « Elle se languit des neiges de son Nord natal » expliqua alors un conseiller du roi. Pour guérir sa belle, le jeune roi fit alors planter des amandiers sur son royaume afin que les pétales blancs viennent en tombant au printemps rappelle la neige de son épouse.  Ainsi, ils vécurent heureux et longtemps, attendant chaque année le retour du printemps et les flocons des fleurs  d’amandiers.

Joli non ?

Amandes au sucre
Spécialité portugaise à Pâques.
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